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Monastir

Monastir

La ville de Monastir est située au centre est de la Tunisie et sur le bord de la mer Méditerranée. Elle est millénaire et l’étude de son Histoire montre sa richesse en événements. Le patrimoine qu’elle nous a léguée en est témoin.

 

La Préhistoire
Monastir a connu les civilisations de l’âge de la pierre. Les fouilles archéologiques dans sa région prouvent l’existence de traces d’activités humaines très anciennes qui remontent à la civilisation Atérienne qui a couvert la fin de l’ère Paléolithique moyenne et le début de l’ère Paléolithique supérieure (de 35000 à 25000 ans av. JC). 

 

L’ère Phénicienne
Monastir, du latin « Monastérium » ou du grec «Monastérion», serait l’antique Ruspina, fondée par les phéniciens et plus particulièrement par les Tyriens au 4ème siècle av. JC. D’origine punique, le nom « Ruspina » signifie le cap ou plus précisément la « presqu’ île ». Elle s’étendait sur plus de 8 hectares sur un site stratégique à l’abri des incursions. Ruspina a aidé le héros carthaginois Hannibal dans sa guerre contre les Romains au 3ème siècle av. JC.

 

L’ère Romaine
Même si Ruspina a connu la présence romaine depuis la chute de Carthage au 2ème siècle av. J.C. (146 av. JC), il est certain que la civilisation punique, mélange de civilisation berbère et de civilisation phénicienne, a continué d’exister au milieu du 1er siècle av. JC. A cette époque, Ruspina avait un statut de ville libre dotée d’un conseil municipal et disposait d’un grand port. C’était à Ruspina que l’empereur Romain Jules César s’était réfugié avec son armée en l’an 46 av. J-C. Il en mena sa première bataille et sa victoire contre les Pompéiens. Ruspina, en tant que première ville africaine alliée à Jules César, a connu une prospérité rapide et s’était hissée à un rang élevé entre les villes.

 

L’ère arabo-musulmane
La ville de Monastir a été la première ville arabo-musulmane construite en « Ifriqiya » qui correspond à la partie est de l’Afrique du Nord, incluant la Tunisie et une partie de l’Algérie actuelles. Vers l’an 665 ap. J-C (an 45 de l’Hégire), elle est devenue une forteresse extérieure pour garder la capitale Kairouan.
C’était Herthouma Ibn El Aïoun, gouverneur du calife Haroun Errachid, qui fonda le Grand Ribat de Monastir en 796 ap. J-C (an 180 de l’Hégire). Le Ribat de Monastir était devenu l’ensemble défensif le plus imposant, grâce à des extensions et des fortifications effectuées entre le 15 et le 18 ème siècles. Il était habité par les Mourabitines, volontaires du Ribat.
Le Ribat de Monastir est de nos jours le fort le plus ancien et le mieux conservé du Maghreb. Son Nador, tour du guet, surplombe du haut de ses vingt mètres, la cour du Ribat bordée de trois côtés de cellules en étages.
On peut contempler du sommet de ce Nador, la splendide corniche de Monastir.

 

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Le Ribat de Monastir 

 

Le Protectorat français
La politique du protectorat français (1881-1956) avait comme objectif de recréer l’ancienne « Hadrumetum » des Romains, ce qui a favorisé la ville de Sousse au détriment de Monastir. La « région » de Monastir a été alors divisée en plusieurs caïdats et la ville de Monastir a fait l’objet d’un isolement économique par l’éloignement de la voie ferrée et la mise en veilleuse progressive de son port. Son rempart interne a été démoli en 1903 et ses boutiques en 1926. La ville de Monastir s’est ainsi trouvée dans une phase de récession économique, sociale et urbaine qui dura prés de trois quarts de siècle.

 

L’indépendance
Après l’indépendance en 1956, la ville a connu une métamorphose sous l’action du Président Bourguiba, natif de la ville. La démolition d’une partie de la médina a entraîné une perte considérable dans l’architecture ancienne et le patrimoine de la ville dont les restes sont encore visibles de nos jours.  

La ville est devenue aujourd’hui un pôle scientifique et technologique grâce à la Faculté des sciences, l’école des ingénieurs et l’Ecole préparatoire aux études d’ingénieurs ainsi que l’Institut des biotechnologies. Toutes ces institutions universitaires font que Monastir est une ville qui compte un cinquième de sa population composée d’étudiants.

 

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